Les images de la journée ne cessent de lui revenir en tête. Il voit tour à tour les sculptures, toutes plus délirantes les unes que les autres, la réaction de son
grand-père, Venise, des images du film, et ses pensées le conduisent tout droit auprès de ses mammifères marins qui nageaient autrefois sur la future ville de Paris ! Que nous sommes petits vus
des étoiles, pense t-il.
Les étoiles... Pourquoi pas ? C'est mieux que de compter les moutons dans son lit.
Il se lève, enfile ses vieux chaussons tout pourris comme il les appelle et se dirige vers le grenier. Un endroit magique où trône le télescope fatigué d'Edgard.
C'est sa maman qui l'a initié. Elle a toujours rêvé de partir en mission spatiale. Après quelques minutes passées en compagnie de ces belles de nuit, Elliot descend tout doucement l'échelle qui
relie le grenier à sa chambre.
"- T'arrive pas à dormir mon gars ?
Elliot sursaute sur les barreaux de l'échelle.
"- Tu m'as fait peur ! T'es fou ou quoi ? C'est malin, tu pourrais prévenir papy !
Edgard éclate de rire devant la tête ahurie que tire son petit-fils.
"- Bon ça va ! Arrête de rire comme une baleine ! Qu'est-ce qu'il y a de si drôle en plus ?
Elliot est très vexé. Il se retient de pleurer mais il a eu une fichue trouille. Plus la fatigue qui commence à se faire tyrannique, il lui en faudrait pas beaucoup
plus pour craquer. Edgard se calme. Il a compris qu'il était en train de dépasser les bornes.
"- Ok, j'arrête. C'est pas drôle. Pourquoi tu ne dors pas ?
- Je ne sais pas, j'y arrive pas.Toi non plus apparemment....
- ...
- Ça m'arrive souvent en ce moment, j'ai tellement de choses dans la tête qui vont et viennent.
- Comme quoi ?
- Tu sais déjà
- Non
- C'est cet Haliterium Schinzi
- Ah...
- Il s'est passé quelque chose de très bizarre au musée quand nous y étions avec maman. Mais personne ne pourra croire ce que j'ai vu.
- Même un vieux fou comme moi ?
- Je ne sais pas... Oui je crois.
- Je suis ton grand-père, je suis dingo, alors si moi je ne peux te comprendre, personne ne le pourra !
- Le squelette a disparu.
- Quoi ? De quel squelette parles-tu ?
- De celui de l'Haliterium Schinzi !
- Tu veux dire qu'on l'a volé ?
- Mais non ! Tu vois, toi aussi tu penses que c'est impossible !
- J'essaie juste de saisir le sens de ta phrase, je ne suis pas en train de juger quoique ce soit ! Veux-tu bien me répéter tout ça, je suis vieux.
- Il s'est volatilisé... Devant mes yeux... Une seconde à peine peut-être... Mais il était tout... INVISIBLE.
- Non !
- Je suis sûr que je n'ai pas rêvé papy ! J'ai beau tout retourner dans ma tête, c'était pas une hallucination.
- Des témoins ?
- Non, je suis tout seul à l'avoir vu.
- Et ta mère ?
- Elle regardait ailleurs et quand elle s'est enfin retournée sur lui il était revenu, bien sûr !
- Et bien c'est que cette bestiole t'a choisi toi et personne d'autre, c'est simple.
- Tu crois ? Mais pourquoi ?
- Ça va être à toi de le découvrir.
- Tu me crois alors ?
- Evidemment que je te crois.
- Tu vas m'aider à retrouver ce Phil Mazdac alors ?
- Allons dans la cyberchambre interroger la toile au sujet de ce monsieur.
- Il est deux heures du mat' papy.
- Tant mieux, on sera peinards sur le réseau. On a le droit de faire une grasse mat' demain matin, non ?