Lundi 10 novembre 2008
La cyberchambre est pleine de fils et d'ordinateurs reliés les uns aux autres. Edgard ne connaît pas le wifi ! Préoccupé de garder ses neurones en ordre de marche il ne veut pas de ça chez lui dit-il. Elliot lève les yeux au ciel en voyant cette pièce qui le fait sursauter à chaque fois. Archaïque, selon ce dernier. Chacun campe sur ses positions, question de générations. En revanche, Edgard est ravi de montrer son nouvel écran à son petit fils. Il s'empare d'une télécommande, retrouvée on ne sait pas comment dans le fatras qui jonche le sol, et il appuie. Un écran gigantesque recouvre le mur au fond de la pièce. Edgard fait le paon. 

"- Avec un grand écran c'est mieux pour les yeux, non ?... Alors... Suis-je toujours un vieux schnok selon toi fiston ? 

Elliot hausse les épaules en esquissant un sourire.

Ils lancent leurs recherches et s'immergent pendant plusieurs heures. Au nom de Phil Mazdac, de nombreuses pages de revues scientifiques défilent. On le voit à l'âge de 12 ans. Edgard est particulièrement inspiré. Il prend beaucoup de plaisir à découvrir ces enfants devant leur trouvaille, leurs pelles à la main, grands sourires, heureux d'avoir réussi. Phil Mazdac a pris le chemin qui lui était donc destiné et il est devenu chercheur. Cependant, sa médiatisation ne lui ayant laissé aucun répit, que ce soit pour ses recherches ou sa petite famille, il a décidé, selon les dires d'un article, de disparaître de la circulation du jour au lendemain. Aucune photo de lui adulte n'est disponible via la toile.

"- Il n'est peut-être pas très photogénique, suggère Edgard.
- Il n'aime peut-être pas être pris en photo, moi j'aime pas ça non plus.
- Tout un roman à lui tout seul ton bonhomme.
- Tu crois qu'il vit en ermite quelque part ?... Comment faire pour le retrouver s'il ne veut pas être trouvé ?
- J'ai ma petite idée.
- Ah oui ? Et laquelle papy ? 
- Ça c'est ma tambouille à moi... Toi tu vas te coucher.
- Mais...
- Pas de "mais" sinon pas d'adresse, c'est clair ?

Elliot regarde son grand-père avec les sourcils froncés. Edgard répond à son expression de la même façon mais en plus courroucé. Elliot capitule.

"- Ok ok j'ai compris... Tu vas trouver ?... Promis ?
- Promis."

Les pieds lourds mais le coeur soulagé, Elliot se dirige vers sa chambre. Il dort d'un sommeil de plomb jusqu'au lendemain midi.

C'est l'odeur des tartines chaudes dégoulinantes de chocolat fondu qui le sort de son lit. Dévalant quatre à quatre les escaliers, motivé par un estomac aux abois, Elliot est accueilli par une voix d'hôtesse de l'air sortant des murs. Il s'arrête net sur la dernière marche.

"Bienvenue en cette magnifique journée Elliot. Edgard le magnifique travaille à ses engins de génie. Il vous a préparé, pour l'attendre le plus sereinement possible, ce succulent petit déjeuner, et vous propose, si vous le voulez bien, de regarder le programme posé sur la table. Bon appétit mon très cher Elliot."

Elliot lève les yeux au ciel "Sacré papy !... "Edgard le magnifique" c'est un peu abusé tout de même..." Il se dirige vers la table et annonce "play", la machine se met en route. Tandis qu'Elliot s'empare de l'une des tartines trempées de chocolat, le film démarre. 
Par Lili Merveilles - Publié dans : Les Aventures d'Elliot et Schinzi - Roman 11/13
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