Ça fait une semaine que je pleure tous les soirs. Gaby est partie. Pour toujours. Ma maman a été obligée de l’emmener chez le vétérinaire pour l’endormir. Quand elle est montée dans la voiture, j’ai vu qu’elle savait. Dans ses yeux, elle me disait au-revoir. Rien que d’y repenser j’ai mon cœur qui se sert fort et les larmes qui me brûlent la gorge. Depuis une semaine, quand je regarde les étoiles et la lune, je me dis que Gaby veille toujours sur moi et que grâce à la force qu’elle me donne je vais réussir à faire plein de choses.
Mais j’ai plus personnes à qui me confier le soir, tard, dans mon lit. Je lui racontais tout à Gaby. C’était ma plus grande amie. Le vétérinaire a dit à Maman d’attendre avant de reprendre un chat. « Le prochain viendra à vous tout seul » il lui a dit. De toute façon, moi je ne veux pas d’autre chat, c’était Gaby que j’aimais. Aucun autre ne sera comme elle.
Je vois bien que maman et papa, ils sont tristes aussi. Gaby c’était un membre de la famille.
Aujourd’hui, nous avons croisé un chat qui fouillait dans les poubelles derrière chez nous. Il est parti très vite quand il nous a vu. Je crois qu’il a eu peur. J’ai pensé à Gaby. Je me suis dit que la vie ne devait pas être très simple pour ce chat. Il était tout maigre.
Maman est rentrée dans la maison. Elle avait plus de boîte pour chat à lui donner alors elle a sorti des sardines d’une boîte de conserve avec plein d’huile et a laissé la petite assiette à côté de la poubelle dans la cour.
Quand je suis revenue de l’école tout à l’heure, il y avait encore les sardines dans l’assiette, mais plus une seule goutte d’huile. Le petit chat maigre a dû s’en lécher les babines.
J’ai repris l’assiette et j’ai mis un peu de lait autour des sardines. Quand je suis ressortie il n’y avait plus de lait. Le petit chat ne doit pas être très loin.
En secret, au fond de mon cœur, comme je le fais tous les jours, j’ai parlé à Gaby et je lui ai demandé d’aider ce petit chat. Puis je me suis endormie.
Quand je me suis réveillée ce matin j’ai entendu des miaulements en bas. A la cuisine, le petit chat maigre était en train de se frotter à la jambe de maman en ronronnant. Maman lui préparait une assiette avec nos restes de poisson, un vrai festin !
Elle m’a regardée avec ses grands yeux humides et j’ai compris qu’on avait retrouvé le chat de la maison. « Comment veux-tu l’appeler ? m’a-t-elle demandé. Je lui ai sauté au cou de joie et j’ai crié « Lilou ! » parce que je m’appelle Lili et ma meilleure copine Lou.
Le vétérinaire avait raison, c’est notre chat qui nous a choisi et moi je suis ravie.